Le Plan d’action du Sommet mondial de l’alimentation stipule que:
Les gouvernements, en coopération avec le secteur privé et les organisations non gouvernementales:
· favoriseront l’organisation sociale et économique de la population rurale, en mettant l’accent en particulier sur le développement des coopératives de petits agriculteurs, pêcheurs et forestiers, les organisations communautaires et les associations de développement, afin que les habitants ruraux puissent être associés de manière active aux décisions, au suivi et à l’évaluation des programmes de développement rural;
· favoriseront la dévolution de pouvoirs aux petits agriculteurs, pêcheurs et forestiers, tant hommes que femmes, pour la mise en place de leurs propres coopératives et entreprises commerciales, ainsi qu’aux institutions de financement et d’entraide des agriculteurs et des pêcheurs.
(Engagement trois, Objectif 3.5)
La FAO et les coopérativesDans son discours au Forum des Organisations non gouvernementales (ONG) pendant le Sommet mondial de l’alimentation, le Directeur général de la FAO a souligné qu’”il est largement reconnu que les gouvernements ne peuvent pas résoudre seuls le problème de la sécurité alimentaire, et que si nous devons faire quelque progrès, nous avons besoin de l’énergie et des compétences qui résident dans la société civile”. Selon la FAO, le terme générique “d’organisation de la société civile” comprend un “ensemble de réseaux relationnels” vaste, hétérogène et à facettes multiples, qui comprend les syndicats, les associations d’auto-assistance, les coopératives, les associations féminines, les ONG de développement et de promotion, et autres groupes informels similaires. Cependant, étant donné cette grande hétérogénéité, des priorités doivent être établies et la FAO devrait se pencher plus particulièrement sur les organisations d’auto-assistance représentatives des agriculteurs, des pêcheurs et des forestiers à caractère associatif, en particulier sur leurs coopératives. Ces coopératives, malgré de nombreux échecs et défauts, sont des organisations traditionnelles constituées en majorité des segments les plus pauvres de la société et possédant tous les atouts pour jouer un rôle important. Elles constituent donc un gros “capital social” dans les zones rurales, condition préalable à la sécurité alimentaire et au développement durable. Traduisant ces concepts en activités et en produits, la FAO concentre ses programmes d’assistance aux coopératives sur trois domaines techniques:
· le développement et le perfectionnement des concepts et des techniques pour le renforcement des coalitions et des partenariats en faveur du développement rural et de la sécurité alimentaire; · le renforcement des capacités internes pour faire des coopératives, de même que des autres organisations de la société civile, des partenaires égaux et efficaces dans le développement. |
La spécificité de chaque sexeLes statistiques montrent que partout dans le monde la participation des femmes dans les coopératives, notamment dans les coopératives rurales, est faible. Les coopératives ont jusqu’à présent eu tendance à être synonymes de coopératives “masculines”. Cependant, l’importance des coopératives agricoles dans la vie des villages, et leurs répercussions sur la sécurité alimentaire par le biais de la production agricole, de la transformation et de la commercialisation, de même que leur impact sur la vie familiale et les travaux ménagers des femmes, sont trop importants pour accepter que l’exclusion des femmes des processus de prise de décision soit considérée comme inévitable. Le règlement des coopératives pardonne une telle discrimination lorsqu’il prévoit que le chef de famille assiste aux réunions: le fait que l’épouse est souvent de facto - ou même de jure - le chef de famille n’est pas toujours vu comme une raison suffisante pour qu’elle participe. Lorsque les règlements des coopératives seront révisés, toutes les dispositions contribuant à la discrimination des sexes devraient donc être éliminées afin d’éviter d’aggraver les problèmes que les femmes connaissent dans leurs efforts pour être intégrées dans les structures participatives des coopératives. De plus, avec d’avantage de liberté pour décider des types d’activités à conduire en coopérative, il devient possible de développer des activités intéressant particulièrement les femmes, telles que les petites usines, le stockage et le traitement des aliments, la production de biens domestiques essentiels tels le savon et les vêtements, le petit élevage domestique et l’artisanat. Il faudrait également accorder davantage d’importance à la fonction sociale des coopératives en organisant des services susceptibles d’alléger la charge de travail des femmes: garderies d’enfants ou activités réduisant les corvées, assistance dans l’organisation des mariages et des cérémonies. |
La FAO a lancé un nouveau programme pour la formation de formateurs dans le développement des coopératives. Le but de ce programme est d’aider les pays en développement à transformer leurs coopératives agricoles en véritables organisations d’auto-assistance. Ce programme a conçu un manuel de “formation de formateurs” destiné à encourager une plus forte participation des membres, à améliorer la gestion et à familiariser les décideurs politiques et administratifs avec les nouvelles approches de développement des coopératives. Parmi les sujets abordés se distinguent l’apprentissage et l’approche participatifs, l’efficacité de la communication, l’identification des objectifs des coopératives, la mobilisation des ressources humaines et financières, la planification participative, le suivi et l’évaluation, la gestion et la négociation des coopératives, les groupes de pression et les capacités de liaison des coopératives.
La formation de capital des coopérativesLes coopératives agricoles dans les pays en développement n’ont mobilisé jusqu’à présent que peu de capital pour l’investissement et le développement des entreprises. Nombre d’entre elles ont largement été dépendantes de sources externes de financement à conditions de faveur. L’accroissement de la privatisation et la libéralisation du marché ont fait que beaucoup de ces sources externes ont disparu et les coopératives doivent maintenant affronter l’épreuve consistant en la mobilisation de leur propre capital. En 1992, la FAO, en collaboration avec le Comité pour la promotion de l’aide aux coopératives (COPAC), a mis en place un programme spécial de recherche dont l’objectif était d’identifier des stratégies locales efficaces pour la formation de capital dans les coopératives agricoles du Kenya, de l’Inde et du Guatemala. Des études de cas ont été réalisées au Kenya, au Guatemala et en Inde en collaboration avec un certain nombre d’institutions dont le Centre des coopératives finlandaise, la Fédération nationale des coopératives du Kenya, la Fédération des coopératives d’épargne et de crédit du Guatemala et l’Institut de gestion rurale d’Anand pendant la période 1993-1995. Les conclusions initiales de ces études de cas ont ensuite été discutées lors d’un Atelier international sur la formation du capital dans les coopératives agricoles qui s’est tenu à Rome en novembre 1995. Cette activité a eu pour comme résultat la conception d’un guide de la FAO sur la “Mobilisation du capital dans les coopératives de service agricoles” qui est prêt pour être distribué et la préparation d’études de cas plus détaillées au Kenya qui comparent le secteur privé à la formation de capital des coopératives et le comportement d’investissement dans les secteurs du café et des produits laitiers. Ces dernières recherches se basent sur des études précédentes effectuées au Kenya et ont commencé en mars 1997, en collaboration avec des chercheurs de l’Université de Nairobi, de la Fédération nationale des coopératives du Kenya, de l’école d’Economie et de commerce de Turku et du Gouvernement finlandais. Cette dernière étude devrait conduire à un atelier sous-régional sur ce sujet important en Afrique orientale et à des recommandations plus concrètes et utiles pour renforcer les capacités d’autofinancement et d’investissement des coopératives agricoles dans la sous-région. |
La “reconversion” des coopératives en Amérique latineL’épreuve majeure que doivent affronter les coopératives en Amérique latine est leur “reconversion” d’un rôle quasi syndical à un rôle croissant d’entrepreneur qui répond aux besoins des membres des coopératives du fait de la transition vers une économie de marché. La FAO a créé un programme pour promouvoir ce processus en renforçant les capacités des confédérations de coopératives nationales à aider les membres des coopératives dans l’identification et la mise en place de projets participatifs d’investissement facilitant la “reconversion”. Une unité organisationnelle spéciale a été créée dans ce but dans la Confederación Intercooperativa Agropecuaria of Argentina qui devrait assister les coopératives dans les pays du MERCOSUR, et des unités semblables sont créées à l’Instituto nacional agrario (INA) de l’Honduras pour les pays d’Amérique centrale et à la Confederación Nacional Campesina (CNC) of Méxique. |
Le Programme Arbres, forêts et communauté rurale de la FAO en Amérique centrale soutient divers mouvements de coopératives par le biais de la Comisión Indígena Campesina de Agro-Foresteria Comunitaria (CICAFOC) et ses organisations affiliées. Fonds tournants, formation et vulgarisation d’agriculteur à agriculteur, et recherche agricole, tels ont été les principaux domaines d’assistance technique apportée par la FAO. Le CICAFOC est maintenant reconnu par le Consejo Centro Americano de Bosques (CCAB) comme Comité consultatif et les agriculteurs peuvent y présenter leurs priorités et suggestions pouvant influencer les politiques forestières.
Pour de plus amples informations, contacter:This information has been made available on the Internet by
the Committee for the Promotion and Advancement of Cooperatives COPAC.
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Posted: 1 July 1997